Podor : commune de Mboumba, Festival Sahel Ouvert : les populations indifférentes ; Baaba Maal en sauveur

La 6ème édition du Festival Sahel ouvert (Faso), entamé depuis jeudi dernier, ferme ses portes aujourd’hui. En deux volets (panel sur les enjeux économiques et festival proprement dit), les dissertations sur le développement n’ont guère intéressé les populations de Mboumba qui avaient l’esprit ailleurs pendant que des experts de l’Union européenne, de l’Omvs, du Forum mondial de l’eau planchaient sur les voies et moyens d’arracher leur commune des affres du sous-développement. En effet, malgré le fort potentiel sur lequel Mboumba est assis, ses habitants peinent à entrevoir le bout du tunnel. Hier, un panel a réuni divers experts de différents domaines socio-économiques.
Malheureusement, cette discussion n’intéresse pas grand monde. Preuve de l’indifférence des populations, le forum s’est tenu dans une maison. Et elles n’étaient pas les seules. Aucune autorité de l’Etat n’était visible à un kilomètre à la ronde. Femmes, jeunes, vieux et autorités administratives se sont comme passé le mot : boycotter l’activité. Ce qui contraste avec le passé où, pendant ces moments, Mboumba constituait le point de convergence de tout ce qui est activité économiques et socio-culturelles. Les invités venaient même de la Mauritanie pour participer à l’événement.
Cette année, on n’est pas loin du fiasco. Tout s’est quasiment déroulé à huis clos. Heureusement, l’artiste Baaba Maal a, par sa présence, aidé à sauver ce qui pouvait l’être. De 3 heures à 5 heures du matin, il a tenu tout le monde en haleine.
Interrogé sur ce fiasco et sur les retombées de l’événement, un des organisateurs dédramatise. Parce que, pour lui, cet événement permet de faire rayonner le nom de Mboumba à travers le monde. Un objectif minimaliste pour un festival qui, après douze années d’existence, en est à sa sixième édition. Seul à l’actif des organisateurs, un centre culturel dont seulement la première pierre a été posée.
Ce soir, quand les rideaux vont tomber sur l’événement, on risque de n’en retenir que le passage de Baaba Maal. Selon l’auteur-compositeur, ce forum «devrait constituer un cadre pour une prise en compte des réalités locales (fleuve, foncier, emploi des jeunes)».
Abou KANE pour Nguenaaractu.com
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