Le pape François rentre d’Irak « fatigué », mais heureux de « revivre, après ces mois de prison » dus à la pandémie

Le grand ayatollah Ali Al-Sistani est « un sage » et « un homme de Dieu » avec qui il est possible d’envisager une poursuite du travail. Dans l’avion qui le ramenait d’Irak, lundi matin 8 mars, le pape François a commenté sa visite intense de trois jours, pleine de gestes et de rencontres symboliques, au cours d’une conférence de presse. Le chef de l’Eglise catholique a « confié » que pendant ce voyage il s’était « fatigué beaucoup plus qu’au cours » de ceux qui l’avaient précédé. « Les quatre-vingt-quatre années ne viennent pas seules. Elles ont des conséquences… », a-t-il relevé avec humour, laissant planer une incertitude quant au rythme futur de ses voyages. De fait, le visage du pontife est apparu marqué, et il boitait de façon importante, en raison, selon le Vatican, d’une sciatique qui le fait souffrir. Il s’est cependant déclaré heureux de « revivre », après « ces mois de prison » imposés par la pandémie de Covid-19.
Le pape s’est « senti honoré » par l’accueil de l’ayatollah Al-Sistani, qui s’est « levé à deux reprises » pour le saluer lors de leur rencontre mémorable, samedi, porteuse selon lui d’un « message pour tous ». Il a laissé entendre qu’il espérait pouvoir aboutir, avec l’autorité religieuse chiite la plus prestigieuse d’Irak, à un document commun du type de celui qu’il a cosigné avec le grand imam de l’université sunnite d’Al-Azhar en 2019. Il a souligné que ce Document sur la fraternité humaine, qui se veut une pétition de principe sur l’entente et la paix entre les fidèles de confessions différentes, avait été négocié « pendant six mois en secret » avec le dignitaire sunnite avant d’être dévoilé à Abou Dhabi.Article réservé à nos abonnés Lire aussi Devant l’ayatollah Sistani en Irak, le pape François défend « le pluralisme religieux, ethnique et culturel »
« La fraternité, c’est l’égalité. Sans l’égalité, nous ne pouvons pas avancer. Tu es humain, tu es fils de Dieu, tu es mon frère, point », a insisté François. Il a rappelé que les chrétiens avaient mis longtemps pour parvenir à cette position, développée lors du concile Vatican II, après avoir connu en Europe les guerres de religion et la Saint-Barthélemy. Il y a « un chemin culturel » à faire pour y parvenir – sous-entendu pour l’islam aussi.
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