La Chronique de MIK :Les terres promises

Que faut-il à l’oiseau pour voler ? Sinon des ailes ! A l’agriculteur pour cultiver ? La terre évidemment ! L’aviculteur Babacar Ngom ayant grandement contribué à l’autosuffisance en poulet du Sénégal, on peut lui accorder un préjugé favorable sur le chemin de l’autosuffisance alimentaire. « Koula may agne, soula digué reer, nga warka gueum ».

Ndingler ou Djilakh, Djilakh et Ndingler : LES TERRES PROMISES. Des terres fertiles sans doute. La haute convoitise dont elles sont l’objet le laisse supposer. Si le patron de Sedima n’est pas seulement un paysan du dimanche, pourquoi ne pas lui donner la chance de prouver qu’il sait bien tenir l’hilaire ou la houe ? Le bon aviculteur devrait faire le bon agriculteur. En toute logique. De bon terroir, bon épi. Mais en mauvaise terre, mauvais blé.

Avant tout, levons toute équivoque. Il est hors de question de déshabiller Jean pour habiller Paul, Massamba pour Mademba, Déguène pour Madjiguène. Non plus, il ne saurait être question de faire des ruraux des paysans sans terre. Le domaine national doit avant tout profiter aux ruraux et donc aux locaux. Ndingler aux ndinglerois, Djilakh aux djilakhois. C’est la loi de la nature.

Cependant, toute règle a une exception. Au-dessus du Rural ou de l’Urbain, il y a le National. Ne sommes-nous pas tous devenus Rurbains ? Des citoyens à la fois de la ville et du village. Les terres de Sindian ou de Sindia, de Fongolembi ou de Gaya, de Ndiaganiao ou de Haayré Lao, de Ndoulo ou de Keur Moustapha, de Fanaye ou des Agnam, de Thilogne ou de Bokidiawé, de Kanel ou de Koussanar, ne sont pas que pour les autochtones. Tout Sénégalais peut y accéder. Pourvu que la loi soit respectée.

Capitaine d’industrie, créateur d’emplois et de richesses, figure de proue du secteur privé national, Papa Ngom pour les intimes, doit être encouragé au lieu d’être voué aux gémonies. Brûler nos idoles ? ce n’est pas sénégalais En revanche, pourquoi sommes-nous plus prompts à accorder des largesses, à abandonner nos terres aux étrangers, même pas au franc symbolique mais bradées ? PUREMENT ET SIMPLEMENT. Les marabouts sont également victimes du même lynchage. Ni « ordinaires » ni « spéciaux (ou extraordinaires) », acceptons-les comme des citoyens. TOUT COURT. Le patriotisme économique et la préférence nationale, nous semblons l’ignorer !

Certes, la nécessaire autosuffisance alimentaire à laquelle peut contribuer de manière décisive un capitaine d’industrie ne doit pas signifier une insécurité alimentaire à laquelle on pourrait exposer le paysan en lui prenant ses terres et toutes ses terres. Mais, entre la vitale exploitation familiale et le capitalistique agrobusiness il y a place à un terrain pour ne pas dire… une terre d’entente. Dans la rigueur des principes, Babacar Ngom, de surcroît président du Club des investisseurs sénégalais n’aurait jamais dû s’opposer ou être opposé aux populations de Ndingler et de Djilakh.

L’Etat qui rentre d’une descente sur le terrain ou sur les terres litigieuses, a sans doute suffisamment d’informations pour trancher. Non pas en jugement de Salomon. Plutôt une décision préservant les intérêts stratégiques du pays et ceux des deux ou trois parties en conflit. Le business ne s’oppose pas à l’humain. Les plus grands philanthropes au monde se recrutent dans les rangs des businessmen. N’est-ce Président Ngom ? « Travaille la terre et l’or te viendra. »

Les bonnes décisions récentes du président de la République dans le Domaine public maritime présupposent d’autres dans le Domaine national. Le chef de l’Etat somme ses ministres, les récalcitrants, d’aller faire leur déclaration de patrimoine auprès de l’OFNAC. 45 jours pour le faire ! Donc sous quarantaine. Sinon ce sera la quarantaine ! Une visite dans le site de l’Office dirigé par la Magistrate Seynabou Ndiaye Diakhaté et on y découvre le rapport 2018 avec les informations suivantes : sur 1033 assujettis seuls 621 se sont soumis à l’obligation de DDP au 31 décembre 2018.

Par un jeu d’entrées et de sorties, 425 personnes n’ont pas encore sacrifié à l’exercice depuis 2014. Les assujettis institutionnels : le Président de l’Assemblée nationale, le Premier questeur, le Premier ministre, poste supprimé, les Ministres, le Président du CESE et le Président du HCCT. Les assujettis sur le critère financier, civils et militaires, que sont tous les gestionnaires d’un budget annuel d’au moins un milliard : directeurs Généraux et autres…Des ministres qui violent allégrement la loi et qui osent désobéir au président de la République ! Que reste-t-il à faire ? Le chef de l’Etat ne se fâche pas. Il n’est même pas souhaitable qu’il le soit vraiment. Il tape. Fort ! Un poing c’est tout !!

 74 Clics

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*