Pologne : le conservateur Andrzej Duda réélu pour un second mandat

Polish President Andrzej Duda addresses supporters as exit poll results were announced during the presidential election in Pultusk, Poland, on July 12, 2020. - Poland's right-wing head of state Andrzej Duda was ahead by a tiny margin in the presidential run-off against Warsaw's liberal mayor, an exit poll on on July 12, 2020 showed, starting a tense wait for the official results (Photo by JANEK SKARZYNSKI / AFP)


Les faits 

Le président sortant a été réélu avec 51,2 % des voix contre 48,79 % pour son rival pro-européen et libéral, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski. C’est la victoire la plus serrée à une élection présidentielle depuis la fin du communisme en 1989.

La relation de la Pologne avec l’Europe était au centre de ces élections et c’est la Pologne méfiante envers les institutions de Bruxelles qui a remporté le scrutin de dimanche 12 juillet en réélisant, certes avec une faible marge, le conservateur eurosceptique, Andrzej Duda.i Pourquoi lire La Croix ?+La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

Son rival, Rafal Trzaskowski, du parti d’opposition centriste Plateforme civique (PO), qui avait réussi en 2018 à ravir la mairie de Varsovie au PiS, parti nationaliste et conservateur au pouvoir depuis 2015, le talonne de près avec 48,79 % des voix. Le scrutin a été très disputé avec un taux de participation exceptionnel de 67,9 %.

Député européen inconnu

À son arrivée au pouvoir il y a cinq ans, Andrzej Duda était un député européen inconnu des Polonais jusqu’à ce que Jaroslaw Kaczynski, maître incontesté du PiS, le désigne comme candidat à la présidence de la République. Il s’est fait élire sur des promesses de programmes sociaux pour les pauvres et les personnes âgées.

Cette fois-ci, il a bâti sa campagne sur la continuité d’un programme social généreux mêlé à la réaffirmation des valeurs nationales et chrétiennes de la Pologne. Ce qui l’a amené à s’opposer à la Convention européenne sur la violence domestique, la fécondation in vitro et « l’idéologie LGBT » qu’il estime « plus destructrice que le communisme ».

Andrzej Duda qui est allé chercher l’appui de Donald Trump à Washington, juste 4 jours avant le scrutin et en pleine crise du Covid, représente les voix de la Pologne traditionnelle et catholique, de la campagne et des petits villages, alors que son rival, Rafal Trzaskowski représente la Pologne pro-européene et libérale des grandes agglomérations et des villes moyennes.

Refonte des institutions judiciaires

Un clivage qui risque de s’accentuer. Le président va sans aucun doute poursuivre sa politique d’aides sociales qui a permis à de nombreuses familles polonaises de sortir de la pauvreté mais il poursuivra aussi sa refonte des institutions judiciaires. Une politique largement critiquée par ses adversaires en Pologne et à l’étranger.

Ils lui reprochent particulièrement son engagement à la mise au pas du Tribunal constitutionnel et d’autres institutions judiciaires. Une démarche qui a conduit Bruxelles à saisir la justice européenne et à déclencher des procédures inédites contre Varsovie. Mais rien ne semble ébranler Andrzej Duda qui, tout au long de sa présidence, n’a cessé de s’opposer à l’Union européenne qu’il traite volontiers de « communauté imaginaire dont on a peu à tirer ».

Sur ce point, le politologue Stanislaw Mocek, président de Collegium Civitasestime que « l’on ne peut certainement pas s’attendre à ce que les relations avec Bruxelles s’améliorent ».

Reste que compte tenu du résultat très serré, le PiS va faire face à une forte opposition, ainsi qu’à une crise économique imminente que la Pologne ne devrait pas tarder à ressentir du fait de l’épidémie de coronavirus, dont elle n’est toujours pas sortie. « Nous entrons dans une période difficile », souligne l’économiste Witold Orlowski. « Techniquement, le PiS reste au pouvoir, mais le soutien à sa politique ne va faire que baisser. (…) Dans un contexte de crise économique, il lui sera difficile de réaliser sa politique d’aides sociales généreuses qui l’a porté au pouvoir »

Source : la croix Rouge

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